Le secteur de l’aviation repose sur le principe selon lequel un créneau non utilisé est perdu. Or aujourd’hui, dans le contexte de la guerre en Iran et de l’augmentation des prix du carburant, de nombreuses compagnies aériennes cessent d’exploiter certaines lignes, comme cela avait été observé pendant la pandémie. À présent, elles exigent que cette suspension ne se traduise pas par la perte du droit de voler, ce à quoi l’Europe ne se montre pas prête (IAG craint pour les créneaux si la crise du Golfe venait à perdurer).
Pendant la période du Covid, l’Europe avait accepté qu’une compagnie aérienne n’assurant pas une liaison ne perde pas ses droits, après avoir d’abord constaté que bon nombre d’entre elles opéraient des vols sans passagers pour éviter que cela se produise, ce qui constituait un paradoxe environnemental (l’Europe, privée de carburant pour les avions, aurait dû payer des coûts plus élevés).
Aujourd’hui, les choses ne sont plus les mêmes : certaines compagnies aériennes, en situation économique fragile et confrontées à des prix du pétrole élevés, doivent annuler des dessertes. Et tant la FNAM, fédération patronale française de l’aviation, que l’IATA, organisation à l’échelle mondiale, demandent que les droits de vol ne soient pas perdus.
Cette situation est préoccupante dans les aéroports de Paris, qui manquent de capacité. Mais Bruxelles estime que le prix du carburant n’est pas une cause de force majeure, mais un risque opérationnel normal. Une moratoire, affirme l’Europe, paraliserait le marché, car les aéroports cesseraient de percevoir les droits de vol sans pouvoir attribuer les créneaux à d’autres compagnies souhaitant voler.
Le secteur de l’aviation appelle la France à intervenir et réclame également une réduction de la charge fiscale qui pèse sur le secteur dans le pays pour des raisons environnementales.

