On ne peut pas analyser le tourisme en France sans mettre en lumière Pierre et Vacances. Il s’agit d’un groupe touristique français fondé en 1967, leader des appartements touristiques destinés aux vacances. On ne sait pas si les Français préfèrent ces logements avec services hôteliers plus que d’autres Européens, ou si Pierre et Vacances leur a fait découvrir leurs atouts, mais il est incontestable que ce modèle est profondément enraciné en France. Il compte 20 000 hébergements répartis dans 300 destinations en Europe, avec une forte présence également en Espagne. Une véritable institution en France (Pierre et Vacances voit son chiffre d’affaires en Espagne s’élever à 108 millions).
C’est pourquoi le fait qu’un symbole aussi emblématique de la France ait été vendu au fonds d’investissement Mubadala Capital d’Abu Dhabi a provoqué une onde de choc. Aujourd’hui, le principal propriétaire est Atream, un fonds français, qui partage la propriété avec des actionnaires minoritaires britanniques.
La question devient plus grave car un autre symbole du tourisme français, comme le Club Med, est tombé entre les mains des Chinois, du groupe Fosun. Cela remonte à onze ans. Et le voyagiste Karavel, propriétaire de la célèbre marque Fram, avait déjà été vendu à Adnec, un fonds d’Abu Dhabi, même si cette opération n’a pas abouti. En revanche, Voyageurs du Monde, un autre grand opérateur français, est tombé entre les mains de Certares, le fonds que l’on connaît bien en Espagne pour son intérêt autrefois envers Ávoris, du Groupe Barceló.
La grandeur touristique de la France se voit chaque jour davantage limitée à Accor, sa plus grande chaîne hôtelière et référence mondiale. Mais le reste du secteur est désormais entre des mains étrangères.

