Oubliez la Côte dʼAzur : ces criques du Var restent presque vides en juin et lʼeau est déjà à 22°C

Le Var cache encore des coins où l’on entend surtout le clapotis et les cigales. En juin, quand l’eau frôle les 22°C, ces replis de côte prennent une allure de carte postale sans trop de monde. À l’aube ou après 17 heures, la mer se laisse approcher comme une confidente.

La lumière rase les rochers, les pins diffusent une odeur de résine, et les poissons viennent presque saluer votre masque. “C’est le mois où tout est encore simple,” sourit un habitué rencontré sur le sentier.

Pourquoi juin change tout

Avec la chaleur qui s’installe, l’eau gagne ces deux ou trois degrés qui font toute la différence. Les fonds deviennent vraiment accueillants, et le mistral des jours précédents polit la transparence comme une vitre neuve.

La fréquentation reste douce, les parkings respirent, et le sentier du littoral déroule sa bande de garrigue sans embouteillages. “On retrouve la côte d’avant août,” glisse une nageuse au large, “avec de la place pour allonger sa serviette.”

Criques à viser

Voici quelques criques où l’on peut encore étaler ses serviettes sans jouer au Tetris, à condition d’arriver tôt ou de choisir l’heure dorée du soir.

  • Calanque de Port d’Alon (Saint‑Cyr‑sur‑Mer) : eau très claire, pins en arrière‑plan, dalles parfaites pour une sieste.
  • Criques de l’Escalet jusqu’au Cap Taillat (Ramatuelle) : succession de micro‑anses, sable blond, roches lisses pour plonger.
  • Calanque du Petit Caneiret (Anthéor) : falaises d’Estérel rouge brique, contrastes de cinéma, poissons en rangs serrés.
  • Anse Magaud et anse Méjean (Toulon) : ambiance de petit port, galets arrondis, eaux souvent d’un vert irréel.
  • Anse de la Palud (Port‑Cros) : parc national, herbiers de posidonie, sentier sous‑marin balisé pour le snorkeling.

Accès et logistique

Les meilleures heures se jouent entre 8 h et 10 h, puis après 17 h, quand la brise apaise les vagues et que les ombres des pins s’allongent. Les parkings étant parfois comptés, mieux vaut un départ matinal, ou un retour par la navette en fin de journée.

Prévoyez des chaussures d’eau pour négocier les galets chauds et les oursins discrets. Un petit sac étanche protège clés et téléphone lors des traversées à la nage entre deux rochers. Et, si le mistral forcit, ciblez une crique orientée sud ou est pour rester à l’abri.

Sur les îles (Porquerolles, Port‑Cros), réservez vos billets de bateau et vérifiez les horaires du dernier retour. En période de sécheresse, un arrêté peut restreindre l’accès à certains massifs: consultez la carte incendie du Var la veille au soir.

Ambiance et sensations

En juin, la mer a ce grain soyeux qui donne envie de flotter longtemps, sans la crispation des eaux de printemps. Les herbiers ondulent, les oblades argentées tracent des virgules sous votre palme.

“On entend son souffle dans le tuba et rien d’autre,” raconte Léa, venue de Toulon avec une ligne de flottaison impeccable. Au‑dessus, les abeilles visitent le thym, un bateau de pêche ronronne à l’horizon, et la falaise renvoie la chaleur comme un four doux.

Chaque crique a sa musique: l’Escalet et ses passages rocheux, Magaud et ses galets qui cliquettent, Port d’Alon et ses plateformes de soleil. On choisit selon son humeur: sieste au plat, exploration à la main ou brasse lente jusqu’à la bouée la plus loin.

Petites attentions qui changent tout

Un t‑shirt anti‑UV évite de sacrifier la peau aux premiers feux de l’été. La crème solaire minérale, appliquée longtemps avant la baignade, épargne les herbiers de posidonie. Glissez une grande gourde: entre soleil et sel, la soif prend vite de l’avance.

Côté repas, misez sur des choses légères: fruits, pain huile‑tomate, fromage de chèvre frais. Et gardez un sac pour vos déchets: “On emporte ce qu’on apporte,” disent les panneaux du parc marin, et ça donne à tout le monde envie de continuer.

Préserver ce qui compte

Ces anses existent parce que la nature y a gardé la main. Posez votre serviette loin des lauriers‑roses fragiles, contournez les taches de posidonie échouée (elles protègent le sable), et évitez l’ancre sur les herbiers si vous venez en petite embarcation.

La magie tient à un rien: un pas plus doux, une voix moins forte, une palme qui ne racle pas les gorgones pourpres. Alors, quand vous sortirez de l’eau, salé, léger, avec la peau tiède de soleil, vous comprendrez pourquoi juin est le mois des vraies retrouvailles avec la Méditerranée.

Fabien Radelqui

À propos de l’auteur

Fabien Radelqui

Fabien suit l'actualité du métro parisien, des lignes RATP et des transports en Île-de-France pour Itinéraire Métro Paris. Il publie des articles pratiques pour aider les voyageurs à anticiper travaux, tarifs, nouveautés et perturbations.

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